7 posts tagged “anniversaire”
Dimanche dernier, je suis allée à la Bibliothèque Municipale à vocation régionale (BMVR) de Marseille, dite L'Alcazar qui fêtait ce jour-là les cinq ans de son inauguration. Il ne faisait pas très beau temps, mais il y avait tout de même pas mal de monde à l'intérieur. Je suis arrivée pile pour une séance de conte. Certes, mon fils était le plus jeune auditeur, mais c'était un moment agréable que nous avons passé au sein de la bibliothèque. Si c'était la première fois que je l'emmenais là-bas, j'ai eu l'occasion d'y venir trois ou quatre fois (eh oui, c'est tout: en gros, une fois par an).
Après l'effervescence des premiers mois d'ouverture et les moyens collossaux alloués à la BMVR, l'établissement a connu jusqu'à il y a peu une sale période: desaffection du public, perte du budget d'acquisition, obsolence ou manque de moyens de certaines structures...
Et puis, il y a un an environ, un nouveau directeur est arrivé. Je le connais bien puisqu'il s'agit de l'ancien directeur de la Méjanes (la bibliothèque municipale d'Aix-en-Provence), qui donnait des cours comme intervenant à l'IUT métiers du livre où j'étais étudiante. Je pense qu'avec un tel homme à la tête de cette bibliothèque, les choses devraint pouvoir s'arranger. En tout cas, si l'architecture extérieur et l'ensemble intérieur sont toujours aussi impressionnants, je n'aime pas du tout l'espace jeunesse, trop sombre, trop impersonnel. Un lieu qui n'a pas encore tout à fait retrouvé son âme.
Pour en savoir plus sur l'histoire de L'Alcazar, célèbre scène de music-hall transformée aujourd'hui en bibliothèque, sur l'architecture et sur les différents espaces, cliquez ici.
Enfin, si vous voulez en savoir sur les BMVR, voir l'article du Centre national du Livre.
Le premier numéro de la Nouvelle Revue Française paraît en novembre 1908, sous la direction d'Eugène Montfort. Mais comme les choix littéraires de ce dernier ne plairont pas à l'équipe, André Gide, véritable fer de lance de la revue, choisira de faire débuter l'histoire de la N.R.F au second premier numéro de février 1909, auquel l'écrivain a confié une de ses oeuvres, La Porte Etroite. Le centenaire de la plus célèbre revue littéraire est l'occasion de revenir sur sa belle histoire.
Lorsque l'on parle à la N.R.F, on pense inévitablement à la célèbre maison d'édition Gallimard, dont on pourrait croire qu'elle est issue. En réalité, c'est l'inverse: la maison d'édition est née de la revue. Le premier ouvrage de ce qui s'appellait alors Les Editions de la Nouvelle Revue Française, déjà dirigées par Gaston Gallimard, est L'Otage de Paul Claudel; il parait en juin 1901, soit deux ans après la naissance de la revue. Cette dernière naît dans un contexte particulier, celui d'"une belle époque des revues", s'étendant de la fin du Second Empire à la veille de la Grande Guerre. De nombreux jeunes talents y livrent leurs premiers textes: Alain-Fournier, Jean Giraudoux, Jules Romain, mais aussi Saint-John Perse pour ne citer qu'eux, aux côtés d'écrivains reconnus comme Paul Claudel. La N.R.F se distingue aussi par sa contribution décisive dans le domaine de la critique.
L'équipe fondatrice est composée de cinq hommes de lettres, aux multiples talents, rassemblés autour d'André Gide: Jean Schlumberger, Marcel Drouin, André Ruyters, Henry Ghéon et Jacques Copeau. Par la suite, de nombreuses plumes apporteront leur part de renommée à la revue: Valery Larbaud, qui a été l'un des premiers en France à faire découvrir les grandes voix sud-américaines; Jacques Rivière dont l'article sur le roman d'aventures a fait date ou encore Jean Paulhan, infatigable lecteur. A la direction de la revue, Maurice Barrès puis Jean-Paul Sartre succèderont entres autres à André Gide.
Tout un ouvrage a été consacré à l'histoire de la N.R.F durant les deux guerres mondiales, mais ce sont surtout les années 60-70 qui s'avéreront les plus difficiles, pour la revue, qui se voit relativement marginalisée: "à l'heure de la nouvelle critique qui passe la littérature au tamis des sciences humaines pour la faire entrer dans l'ère du soupçon, la revendiction de l'autonomie de la littérature à l'égard de toutes les autres disciplines n'est plus de mise et la revue souffre de la crise qui affecte la critique et les revues littéraires dans leur ensemble.*"
Pour ceux qui veulent en savoir plus, je vous conseille la lecture de l'excellente biographie de Gaston Gallimard par Pierre Assouline; ainsi que celle d'Une histoire de la NRF, d'Alban Cerisier (voir ci-contre). Sachez par ailleurs que le n°588 de la Nouvelle Revue Française commémore ce centenaire avec plein de belles surprises. Par ailleurs, sont reproduits pour l'occasion par Gallimard les deux numéros un de la revue en fac-similé. Enfin, une exposition est consacrée à l'histoire de la N.R.F à la fondation Martin-Bodmer à Colligny (près de Genève) du 13 février au 12 avril prochain. Le catalogue de l'exposition est aussi disponible.
* Sylvie Servoise, "Centenaire de la N.R.F" in Page, janvier-février 2009.
Après quelques mois d'absence ou de présence plus qu'en pointillé, le Marchand de sel est de retour!
Moins flippant que Terminator, mais plus efficace que la belle semeuse d'Auriol, I am back pour égréner mes découvertes, mes coups de coeur ou mes désarrois de lectrice, d'amoureuse et de professionnel du livre. Merci à ceux de mes amis qui se sont inquiétés de mon absence ces derniers temps. Je vous promets aussi de faire un petit tour (et de donner un petit coup de balai) dans L'Arbre à livres, et peut-être si le temps me le permet de reprendre mon travail d'adminitratrice, avec de nouveaux débats et défis pour nos désormais nombreux membres!
Dailleurs, à ce propos, le 26 octobre prochain, ce sera le premier anniversaire de notre Arbre à livres (eh oui déjà!) Il faut fêter cela comme il se doit: envoyez-moi vos idées, par commentaire ou message privé, comme vous voulez! Merci d'avance.
à très bientôt pour de nouvelles notes et en attendant...bonnes lectures!!!
Le webzine Evene (encore?!) vient de consacrer un excellent article sur Ernst Jünger essayiste et romancier allemand, dont on fête le dixième anniversaire de sa mort. Avez-vous lu cet auteur? En lisant le reportage de Mélanie Youssefane, je pense à un autre auteur que j'aime beaucoup et dont j'ai déjà eu l'occasion de vous parler, à savoir Curzio Malaparte. Voilà deux auteurs qui ont connu la guerre et dont l'histoire a suscité de nombreuses polémiques. Ils font partie de ces personnages qui sont en première ligne de l'éternelle problématique: Peut-on juger l'homme par ce qu'il écrit? Doit-on dénigrer l'homme détestable, qui est aussi un écrivain génial? Est-il possible de distinguer ou ne peut-on que faire l'amalgame entre la vie et l'oeuvre? Autant de questions qui peuvent se poser à la lecture des livres d'Ersnt Jünger.
J'ai découvert son oeuvre avec le semi-poche publié chez Gallimard, Sur les falaises de marbre. Livre difficile à lire s'il en est, mais fascinant et intemporel, où l'horreur se mèle à la poésie, où l'impensable croise le sublime. La guerre gronde au loin, tandis que le narrateur se passionne de botanique et d'entomologie. Mais n'est-ce pas au fond, la même exploration de l'indicible?
Ensuite, je suis tombée dans une de mes explorations de "dépôt-vente-brocante-puces-et-compagnie" son livre le plus célèbre, Orages d'acier, dans une vieille collection du Livre de Poche (celle qui est présentée ci-contre est différente et probablement plus récente). C'est un livre incontournable sur la première guerre mondiale. Le connaissez-vous?
Alors que Bottle nous invite à défier notre égocentrisme avec le célèbre "questionnaire de Proust", je me penche sur deux événements peu anodins pour Le Marchand de sel. Comme tous les jours de l'année, sauf pour les malheureux nés un 29 février, nous fêtons des anniversaires commémoratifs et je suis de celles qui n'en prennent considération, que lorsque le sujet me permet d'écrire une note qui m'inspire.
Aujourd'hui, 14 novembre 2007, souvenons nous de Proust pour une plus grande oeuvre que son interrogatoire. En effet, il y a tout juste 94 ans (damned!) Marcel Proust, alors jeune auteur prometteur mais pas assez bankable comme nous dirions aujourd'hui, publie à compte d'auteur Du côté de chez Swann. Ce roman est le premier d'une série de sept tomes. L'œuvre complète sera achevée 17 ans plus tard (!) et prendra le nom d' A la recherche du temps perdu. Savez-vous qu'il s'agit du roman le plus long de la langue française? Et, à ce titre sans doute, du roman le moins "achevé" par les lecteurs du monde entier...qui peut prétendre avoir lu cette oeuvre intégralement? Et est-ce que cela importe peu finalement? Chaque tome est une lecture propre et quelque soit notre façon de lire Proust, l'essentiel est de s'en imprégner.
En 1919, il reçoit finalement les honneurs qui lui permettront de finir son oeuvre dans le confort (ou presque) avec le Prix Goncourt pour A l'ombre des jeunes filles en fleur. Mon préféré, je crois. Et vous?
Quitte à souffler des bougies, autant évoquer un autre phénomène de publication: la parution un certain 14 novembre 1851, du plus célèbre livre d'Herman Melville, Moby Dick or the white Whale. Je crois qu'il n'y a pas d'écrivain dont la vie m'ait le plus intriguée, dont l'oeuvre m'ait semblée si singulière et de livre qui m'ait le plus marquée. Si je devais répondre à une seule question de Bottle, ce serait celle-là: mon livre de chevet est Moby Dick, c'est ma bible à moi (pardon à ceux que j'aurai offensés pour cette métaphore). Je me demande si les jeunes d'aujourd'hui lisent encore cette oeuvre sublime. "Ouais trop long...et puis une histoire de gros poisson albanos, merci bien!" Certes, certes, mes jeunes amis. Mais le Marchand de sel ne désespère pas de vous voir changer d'avis dans quelques années...Cette oeuvre mériterait bien à elle toute seule une note...à suivre...
Le roman avait connu un très grand succès en librairie, mais son adaptation au cinéma par un très grand maître du 7e art le fit accéder au rang de chef d'oeuvre international. Le film de Luchino Visconti sort en 1963, avec un casting prestigieux et une Palme d'Or à la clé.
Pour l'occasion, l'éditeur français du Guépard, à savoir les éditions du Seuil, publient une nouvelle traduction établie par Jean-Paul Manganaro. Le traducteur a travaillé sur le texte établi en 1969 par Carlo Muscetta, considéré comme le plus fidèle au projet de Lampedusa. Pour le plaisir, en voici un extrait:
Pour plus de critiques sur la nouvelle traduction, voir les trés bons blogs suivants: La république des livres et la muselivre.
*On peut aussi lire deux essais sur Byron et Shakespeare (éditions Allia), un récit autobiographique intitulé Voyage en Europe et un ensemble de textes rassemnlés sous le titre Le Professeur et la Sirène (éditions du Seuil)
* Hier, c'était l'anniversaire de Marchand de sel. Aujourd'hui, je souhaite à toute ma communauté voxienne: