5 posts tagged “histoire”
Je viens de découvrir la prochaine publication d'un livre que je meurs d'envie d'avoir (et je pense que je ne serai bientôt plus la seule).
dirigé par Patricia Sorel et Frédérique Leblanc
avec la collaboration de Jean-François Loisy
(éditions Electre-Le Cercle de la librairie)
Une histoire de la librairie en France de 1810 à nos jours. Au XIXe siècle, la librairie se sépare de l'édition et se libère de la surveillance de l'Etat. Au XXe siècle, la profession s'organise, avant de se trouver confrontée à de nouveaux enjeux et de nouveaux concurrents.
Il paraît le 14 novembre prochain. Seul hic (et de taille) son prix; 159 euros! Pour me consoler, je peux le feuilleter en ligne sur le site d'Electre, et je dis bien feuilleter car pour ce qui s'agit de lire, c'est plutôt impossible (la loupe zoom sur une petite partie de la page!)
En 1998, il y a dix ans, grâce à la complicité d’un petit éditeur milanais Modo & Modo, le Moleskine est enfin de retour! (L'entreprise a été rachetée en 2006 par la Société générale). Il se décline aujourd'hui sous plusieurs formes : en notebooks ou en cahiers, en format de poche ou en grand format, à pages blanches, à lignes ou à petits carreaux…Pour les artistes, on peut aussi trouver un album japonais ou un large format à l’italienne pour des aquarelles. Il y a enfin les Moleskine au format reporter (plus haut que large) et les planners pour les hommes d’affaires chics.
Pour ma part, j’ai opté pour le carnet à lignes, grand format, avec une poche à soufflet, où je viens d’écrire fébrilement mes premiers mots. Jusqu’à aujourd’hui, deux choses m’avaient rebutée à l’acquisition de ce carnet : le prix d’abord (15 euros quand même) et la symbolique ensuite. Écrire dans un Moleskine n’est pas une simple tâche. C’est tout un monde de création qui est penché au-dessus de vous et vous regarde avec un sourire en coin…À vous alors de le faire vôtre, l’unique, le seul qui compte.
De quoi vous en boucher un coin:
- Savez-vous qu'il existe des afficionados du Moleskine qui ont des blogs qui y sont consacrés ou qui en parlent? C'est le cas de Scription sur Vox (eh oui!) qui a créé un site intitulé "Moleskineart". Toujours sur Vox (ah quelle merveille ce Vox quand même) rendez-vous sur le blog de Badbanana qui vous présente les magnifiques oeuvres de Jim Woodring sur son Moleskine.Vous pouvez aussi entrer dans le monde de la Moleskinerie (mais en anglais seulement).
- Il y a un nombre incroyable de talents qui s'expriment sur les Notebooks (faîtes-y un détour, cela vaut le coup!)
- Pour découvrir les moleskine des plus grands artistes de la plume et du pinceau, en mots et en images, allez voir du côté des histoires.
- Du 30 octobre au 16 novembre prochain, se tiendra à Berlin, la prochaine exhibition des plus célèbres et des plus originaux notebooks de la planète, au Musée Der Dinge. "Bon le prochain train pour Bärlin est à quelle heure?"
Cette fois, c'est le Marchand de sel qui ajoute sa feuille à L'Arbre à livres. J'ai cette idée de note dans la tête depuis le mois de juin dernier, et pour diverses raisons, elle n'a pas vu le jour. Aujourd'hui, je m'y mets! Attachez bien vos ceintures pour ce long voyage dans la machine à remonter le temps!
Etymologie. Que signifie tout d'abord le mot autodafé? Ce mot vient du vieux portugais auto da féi, dérivé du latin actus fidei, qui signifie "acte de foi". A l'origine donc, un autodafé serait un acte de foi, perpétré par les Portugais? En réalité, comme nous le verrons plus tard, l'autodafé - même s'il n'était point nommé tel quel - a existé bien avant, et les premiers autodafés d'Europe ont eu lieu en Espagne, avant de franchir la frontière entre l'Etat ibérique et lusophone. Contrairement à ce qu'indiquent certaines sources officielles, l'autodafé par définition était le châtiment infligé aux hérétiques conduits sur le bûcher par la Sainte Inquisition, avant de représenter des livres jetés au feu pour leur caractère païen, blasphématoire ou immoral.
Premiers autodafés. Le premier autodafé attesté fut ordonné à Séville en 1481 par l'inquisiteur espagnol Tomás de Torquemada. Pour comprendre ce qui a motivé l'Empire espagnol a perpétré de telles atrocités, il faut se replacer dans le contexte de l'époque et plus précisément durant cette fameuse année cruciale, soit l'an de grâce 1492, au moment de la prise de Grenade en Andalousie. Le rôle de l'Eglise catholique à travers la mission de la Grande Inquisition est important dans la Reconquista et n'a pas été sans conséquence sur l'histoire du livre. Outre l'expulsion ou la condamnation des non-convertis, l'évêque en place ordonna l'autodafé des livres en arabe accumulés à Grenade. Ce sont huit siècles de culture islamique (711 à 1492) qui partent en fumée, y compris des tomes retranscrits du grec ancien et provenant des textes des penseurs de la Grèce Antique. Les premiers autodafés au Portugal n'eurent lieu qu'à partir de 1540 et se multiplièrent quarante ans plus tard avec l'invasion de l'Espagne. Les autodafés seront même exécutés dans les colonies de l'Empire ibérique. L'Espagne exporte en effet cet esprit d'intolérance vers le Nouveau Monde, qu'elle vient de découvrir. Tous les livres mayas et aztèques sont donc anéantis. Même Bartolomé de Las Casas, considéré comme l'un des premiers défenseurs des droits des peuples originaires d'Amérique et qui osa affirmer que les Indiens avaient une âme, écrit par ailleurs : « Je suis fier d'avoir détruit tous leurs livres. » Le dernier autodafé eut lieu au début du XIXe siècle. Entre 1481 et 1808, plus de 340 000 personnes subirent le supplice de l'autodafé, dont 32 000 furent brûlées.
Candide ou de l'optimisme. Si certains théoriciens prétendent que les autodafés ne concernaient que les ouvrages hérétiques et que l'exécution des condamnés, lorsqu'elle était effective n'était pas au centre de l'événement, d'autres témoignent de la cruauté et de l'absurdité de telles actes dirigés par une idéologie douteuse. Qui ne connait pas le célèbre autodafé décrit par Voltaire dans un de ses contes philosophiques, Candide? Il n'est pas sans nous interpeller paradoxalement sur les autodafés exécutés pendant la Révolution française, à l'origine de la perte d'une grande partie du patrimoine du pays en matière d'ouvrages religieux et historiques.
Les cendres de Berlin. Aujourd'hui, on ne peut penser aux autodafés sans faire l'analogie des actes de profanation exécutés par les nazis à l'encontre des Juifs. Poursuivant son programme d'uniformisation intellectuelle du pays, le pouvoir national-socialiste s'en prend aux représentants de la vie culturelle et scientifique. Le 10 mai 1933, des étudiants nazis livrent aux flammes les ouvrages considérés comme "déviants" par rapport à l’idéologie aryenne et la tradition allemande, tels que ceux de Heinrich Mann, Sigmund Freud, Albert Einstein, Kurt Tucholsky, Bertolt Brecht, Stefan Zweig ou Paul Klee qui s'exileront. Un monument érigé au milieu de la Bebelplatz de Berlin rappelle encore aujourd'hui l'autodafé et ses conséquences.
- sur les autodafés et autres crimes faits au nom du christianisme, voir ce dossier interessant, documenté et illustré: la page noire du christianisme
- lire l'excellent ouvrage de Lucien X. Polastron, Livres en feu, aux éditions Denoël (2004), dont vous pouvez voir quelques passages intéressants sur la page ici, avec un historique de l'autodafé depuis la civilsation égyptienne jusqu'à nos jours, en Chine ou dans le Moyen-Orient.
- consulter l'article de Wikipédia sur le sujet de l'autodafé et le compléter si vous le sentez!
- des romans qui ont trait peu ou preu à l'autodafé et que je vous conseille vivement la lecture: Le nom de la rose d'Umberto Eco, La règle des quatre de Ian Caldwell & Dustin Thomason, souvent comparé au Maître des illusions de Donna Tartt, plus ancien mais toujours best-seller, ou encore Le Livre de saphir de Gilbert Sinoué au temps de la Grande Inquisition en Espagne.
On pourrait bien dire encore des choses en somme, c'est un sujet vaste et toujours "brûlant" d'actualité. Vos réactions sont les bienvenues! En attendant, profitez bien de vos livres et de leur lecture!
Je précise (mais est-ce vraiment utile?) qu'il s'agit d'une note concernant les prix Nobel de littérature. Pour que ce soit plus ludique, j'ai voulu présenter quelques faits historiques sous une forme plus...livresque. Histoire de se rafraîchir un peu la mémoire...
A comme Albert Camus, qui reçut le prix Nobel le 17 octobre 1957, il y a tout juste cinquante ans. Le discours qu'il prononce a encore des résonnances...L'écrivain Jean Daniel revient sur cet événement et les idées du grand écrivain, dans un trés bon article.
C...comme Cent ans qui séparent le plus jeune lauréat, Rudyard Kipling, qui avait quarante-deux ans lorsqu'on lui attribua le Prix Nobel en 1907 et la dernière lauréate, Doris Lessing, qui aura le 22 octobre prochain quatre-vingt-huit printemps. Malgré son âge, elle ne manque pas de verve!!
D...comme dernier prix Nobel français,Gao Xingjian est en réalité chinois et a été naturalisé il y a tout juste dix ans. Il ne sait pas seulement tenir la plume, mais fort bien le pinceau également.
E...comme Européen! Comme pour tout prix littéraire, et plus que n'importe quel autre, le Prix Nobel a du mal à dépasser les frontières de l'Europe. On parle au sujet de l'Académie suédoise d'eurocentrisme. On doit certes reconnaître que la littérature reconnue à l'échelle mondiale est de langue anglaise; ainsi, le quart des écrivains distingués sont anglophones. La langue française arrive en deuxième position, avec pas moins de treize lauréats à ce jour.
F...comme France, Anatole France! qui après avoir reçu les honneurs de l'Académie suédoise en 1921, fut "peu" surpris de voir l'ensemble de ses œuvres faire l'objet d'une condamnation papale! Bigre!!! En tout cas, il n'était pas infidèle en amitié.
L...comme Lectures en suspens...Parmi les lauréats français, le marchand de sel doit déplorer de n'avoir jamais pu finir (ou achever pour être plus figuratif) un seul des livres des romanciers honorés suivants: Roger Martin Du Gard (d'un autre côté, en dehors des Thibault...), André Gide (je sais: là, c'est plus grave!), François Mauriac (pas de scrupule), Saint John Perse (j'ai beau essayer...mais cela ne prend pas! Je préfère René Char...) et Claude Simon (j'ai pas digéré les feuilles de L'Acacia).
M...comme Mistral Gagnant! L'autre jour, en me promenant dans le parc Jourdan à Aix-en-Provence, j'ai vu une sculpture d'un certain Mistral (1830-1914), qui me disait vaguement quelque chose...Je me suis rappelée son prénom mais impossible de me souvenir davantage, jusqu'à cette petite recherche sur Internet. Pas croyable: Frédéric Mistral est le second français à être honoré en 1904. Il dut partager son prix (une première!) avec l'Espagnol, José Echegaray y Eizaguirre. Frédéric Mistral est surtout connu comme le défenseur de la langue et de la culture provençale.
N...comme Non! Un certain nombre d'auteurs refusèrent le prix pour des raisons idéologiques ou politiques. On peut citer, à titre d'exemples, l'attribution du prix à Boris Pasternak en 1958 qui déclencha la colère des autorités soviétiques. Boris Pasternak, considéré comme un "agent de l'Occident capitaliste, anti-communiste et anti-patriotique" fut forcé de décliner la récompense, s'épargnant à lui ainsi qu'à ses proches de lourdes sanctions. Dans la même mouvance soviétique, on peut relever l'affaire Soljenitsyne (non l'autre!), dissident soviétique honoré en 1970, qui ne voulut pas se rendre à Stockholm de peur de ne pas être autorisé à retourner en U.R.S.S où il était assigné à résidence et où son œuvre, mise à l'index, circulait clandestinement. Mais après le refus du gouvernement suédois d'honorer l'écrivain russe par une remise du prix avec lecture et discours publics lors d'une cérémonie organisée à l'ambassade de Moscou, l'écrivain fut prêt à décliner la récompense et l'argent, rejetant les conditions suédoises qui, selon lui, étaient "une insulte au prix Nobel lui-même". Il ne put percevoir sa distinction qu'après avoir été déchu de sa nationalité soviétique et exclu d'U.R.S.S, quatre ans plus tard! Il fut par la suite apostrophé par notre Pivot national. Mais s'il ne faut en retenir qu'un, c'est notre Jean-Paul Sartre qui déclina le prix Nobel en 1964 considérant que celui-ci était "beaucoup trop tourné vers l'Occident".
P...comme Philosophes. Ce ne sont pas seulement des hommes de lettres qui ont été récompensés. On peut ainsi citer comme grands philosophes qui ont eu cet honneur: Rudolf Christoph Eucken, Henri Bergson et Bertrand Russell.
R...comme Romain Rolland. La série d'articles qu'il écrits en Suisse au début de la première guerre mondiale et réunis sous le titre célèbre d' Au dessus de la mêlée (tiens!) est sans doute pour quelque chose dans l'attribution de Prix Nobel en 1915.
S...comme Sully Prudhomme de son vrai nom, René François Armand Prudhomme (pfou!), poète français de son état, est le premier lauréat du Prix Nobel, en 1901; il consacra l'essentiel de la somme reçue à cette occasion à fonder un prix de poésie décerné par la Société des Gens de lettres. Il créa d'ailleurs en l'année suivante la Société des Poètes Français.
T...comme Testament. C'est par voie testamentaire que le Prix Nobel a été créé, devant récompenser l'auteur d'une "une œuvre littéraire faisant la démonstration d'une impressionnante force idéaliste". Sacrebleu!! Pour en savoir plus, lire le bon article sur Wikipédia.
* Hier, c'était l'anniversaire de Marchand de sel. Aujourd'hui, je souhaite à toute ma communauté voxienne: