28 posts tagged “lecture”
Bon,ben, ça y est l'automne est là. J'ai essayé de faire durer l'été en mettant du soleil dans mes livrre et en gardant le coton sur mes épaules, mais ç'est bien fini cette fois. La pluie est tombée sur la cité phocéenne et les pulls sont de rigueur. Ma rentrée livresque s'est aussi faîte. Mais avant de passer aux devoirs, revoyons mes dernières lectures de vacances...
Comme je vous l'ai annoncé lors d'une de mes précédentes notes, j'ai eu entre les mains la nouvelle de Curzio Malparte, un de mes auteurs favoris, intitulé Un compagnon de voyage, paru dans la très belle édition du Quai Voltaire. J'ai été très surprise par leur format (il s'agit d'un tout petit livre), par le style (on n'est loin des longues phrases empreintes de poésie de Kaputt ou La Peau), qui se veut sobre et efficace. On y retrouve néanmoins les thèmes préférés de l'auteur germano-italien: la guerre, le patriotisme, l'amitié, la bassesse humaine. Un petit plaisir.
Je me suis ensuite plongée dans un bon gros pavé, tout ce qu'il y avait de plus attirant: près de 1150 pages, un titre mystique (Jonathan Strange et Mr Norell), de la magie, une trame historique. Ce premier roman gargantuesque de l'écrivain britannique Susanna Clarke, restera comme une lecture à-part. On y découvre un style comme on en voit plus, hérité des grands auteurs anglais du XIXe siècle, tout un monde et un paratexte (des notes incroyables, dont la plus grande d'entre elles fait 5 pages!) lié au monde et à l'histoire de la magie anglaise créés de la seule imagination de l'auteur et une histoire cinématographique en diable, avec des personnages aux caractères savoureux. J'ai été bluffée par ce véritable défi que cette quinquagénaire s'est lancée il y a plus de dix ans pour écrire cette oeuvre intemporelle, et pourtant marquée par l'Histoire, féérique et réaliste, magique et tellement humaine à la fois. On pourrait presque parler de trois livres en un, ma partie préférée correspondant au début de la troisième; lorsque l'action se déplace dans une Venise plongée dans les ténèbres, digne d'un film tout droit sorti des studios de la Hammer. Je vous conseille d'aller sur l'excellent site Le Cafard cosmique qui a écrit une longue note sur l'histoire de ce livre: Coup de Génie ou coup Marketing? et pour ceux qui n'ont pas peur des critiques assassines, la critique du webzine.
Dans un ton beaucoup plus léger, j'ai fini le mois de juillet, avant ces deux lectures plus savantes, par un premier roman, Le Diable s'habille en Prada dans le monde de l'édition: Cherche auteur desespérément de Debra Ginsberg, qui a tout à fait la tête de l'emploi. Oh, c'est sûr que ce n'est pas du grand style et on est très loin de Fictions de Borges ou même de Si par une nuit d'hiver un voyageur d'Italo Calvino, mais bon c'est une lecture d'été assez sympa qui a eu un beau succès outre-atlantique.
Par nostalgie sans doute, avec la rentrée scolaire, je suis allé sur le site de mon ancien QG (IUT d'Aix-en-Provence) pour trouver quelques idées de lectures. Je n'ai en effet jamais été déçue par les conseils de mon ancien professeur de narratologie. C'est quand même lui qui m'a fait découvrir la littérature sud-américaine: Borges, Garcia Marquez, Cortazar...D'ailleurs, à propos de littérature hispanophone et de réalisme magique, je suis entrain de lire un petit bijou, mais chut! Je vous en dirai plus quand je l'aurai fini dans quelques jours...
Sinon, j'ai achevé hier la lecture de mon premier roman de John Fante. J'avais entendu parler de cet auteur, mais je ne savais pas qu'il avait eu une vie si romanesque: une adolecence dans les années d'après-guerre, une période faste d'écriture dans les années 30, plusieurs décennies en tant que scénariste pour Hollywood et plusieurs adaptations de ces romans au cinéma (avec plus ou moins de succès), une seconde période d'écriture dans les années 50, et une fin de vie digne de Borges (encore), dictant aveugle à sa femme, son dernier roman. Mais ce qui est le plus troublant, c'est qu'il n'a vraiment connu de succès qu'à sa mort, et plus en Europe qu'aux Etats-Unis! C'est même en France qu'il connait la plus grande notoriété et que se trouve le berceau de sa notoriété posthume. Grâce à un article paru dans les années 80 dans Libération signé Philippe Granier, Christina Bourgois se lance dans l'édition française des oeuvres de Fante:
"Nous avons commencé à travailler ensemble, informellement, à la fin de l'été 1984. J'avais publié un article dans Libération sur John Fante, signalant la réédition de ses livres oubliés chez Black Sparrow. Sur la foi de ce papier, Bourgois m'annonçait qu'il en avait acheté quatre ! Et désirais-je en traduire un, ou plusieurs ? Demande à la poussière me suffirait, merci. Ce coup-ci fut le bon, il n'y en eut jamais de meilleur, mais j'étais aussi interloqué qu'inquiet. A tort : trois ans plus tard, il y avait des piles de Fante dans les kiosques d'aéroports."
(Extrait de l'article Bourgois et son poisson pilote, de Philippe Garnier, Libération, 27 décembre 2007)
J'ai lu Demande à la poussière et j'ai vraiment adoré le style. Il a fallu que je vérifie de mes propres yeux, sur la page du colophon que ce livre avait bien été édité en 1939: le style est tellement percutant, fluide (comme le dit si bien Bukowski dans la préface qu'il écrivit de ce roman, en 1979) et moderne! Le personnage d'Arturo Bandini, alter-ego de l'auteur, est savoureux, à l'aube de sa carrière d'écrivain. Cela m'a donné envie de lire les autres livres de cet auteur majeur de la littérature américaine du XXe siècle, et plus spécialement le cycle d'Arturo Bandini (La route de Los Angeles, Bandini, et Les Rêves de Bunker Hill), mais pas encore...je me laisse ennivrer par le souvenir d'une délicieuse lecture...
Avez-vous aimé ma première sélection printanière? l'avez-vous trouvé trop studieuse? En voici une nouvelle qui pourrait vous combler. Bonne lecture à tous, passants et fidèles lecteurs!
Mon mari et moi nous sommes rencontrés dans une Cité universitaire dans le Sud de la France par une froide nuit du mois d'octobre. Et la personne qui a été un peu à l'origine de cette rencontre, qui a un peu forcé notre destin, s'appelle Yacoub Traoré. C'est un grand homme, filiforme avec une voix pleine de chaleur. Le genre d'homme que l'on n'oublie pas. Aussi n'étais-je qu'à moitié surprise d'apprendre il y a quelques semaines que notre ange gardien avait écrit un livre sous le pseudonyme TYN. Il ne s'agit pas d'un petit livre obscur écrit sur un de ses sujets d'étude ou d'une nouvelle écrite sur le coin d'un banc de fac...mais d'un bon gros pavé, de ceux que l'on dévore à pleines dents l'été, au bord de la piscine ou dans son lit bien au frais sous la lune. Si vous avez aimé Tolkien, si vous êtes féru des grandes sagas épiques, alors allez découvrir le premier tome des Aventures du Schountari, La Chute du Dagantar, publié aux éditions Publibook (vous pourrez y lire le synopsis, une critique et les premières pages du livre). Si vous souhaitez en savoir plus sur cet auteur, ingénieur au Gabon à la ville, je vous invite à lire l'entretien qu'il a réalisé sur le site Afrikibouge.
Vous connaissez mon intérêt pour les livres qui parlent de livres, de romanciers plein d'états d'âme, de lectrices ou lecteurs passionnés, de libraires obscures, alors vous ne serez pas étonnés d'apprendre que je suis tombée amoureuse d'un livre (sans l'avoir encore lu...c'est comme pour la première fois en amour, on voudrait déguster). L'objet de mon désir s'appelle L'Amour est à la la lettre A de Paola Calvetti, publié aux Éditions de la Cité. Je crois que j'ai toujours été très attirée par la littérature italienne, voire même plus largement par l'aspect profondément romanesque et romantique de l'Italie. Ce livre ne fera pas exception. Le sujet est simple:
Milanaise romantique, Emma décide de changer radicalement de vie en ouvrant une librairie de quartier baptisée Rêves & Sortilèges...
Le charme et l'originalité de sa boutique résident dans sa spécialité : les livres consacrés à l'amour. Emma, qui semble s'être résignée au célibat depuis son divorce, n'a pas son pareil pour dénicher l'ouvrage qui aidera un client perdu sur la carte du Tendre. C'est évidemment par l'intermédiaire d'un livre qu'Emma retrouvera Federico, son grand amour de jeunesse. Alors qu'ils ne se sont pas vus depuis trente ans, tout se passe comme s'ils ne s'étaient jamais quittés. Si ce n'est que Federico vit à présent à New York, où il est architecte, marié et père d'une adolescente. Malgré tout, Federico et Emma entament une relation épistolaire, après avoir ouvert chacun une boîte postale dont ils sont les seuls à connaître l'existence... Dans ce roman hors normes, Paola Calvetti rend un vibrant hommage au pouvoir des mots et de la littérature. A lire pour rêver, les yeux ouverts, à toutes les possibilités de l'amour.
|
Dans la continuité de ma dernière note sur l'incarcération de Julien Coupat et de l'audition d'Éric Hazan, la Maison des écrivains et de la littérature a écrit une pétition pour la défense de la liberté de lire, d'écrire et d'éditer. Je vous invite à faire un petit tour sur ce site. Vous trouverez ci-après le texte de défense et un lien vers la pétition.
"Nos bibliothèques sont toutes pleines à craquer de livres
subversifs. De ceux là, nous vient l’inspiration. De ceux-là, nous
apprenons à penser. De ceux-là, nous apprenons à douter. Mais aussi à
croire. De ceux-là, nous apprenons à lire le monde, à le délier aussi.
A ceux-là, nous tenons, tant ils nous tiennent en vie. Ces livres que
nous lisons, que nous aimons sont tous, par essence, dans le fond comme
dans la forme – par le rapport qu’ils entretiennent à la langue,
enracinée dans le vivant –, subversifs."
Ainsi, pour dénoncer le délit de lecture dont est accusé Julien Coupat, nous entendons ouvertement déballer nos bibliothèques, à l’instar de Walter Benjamin. La pétition est accessible ici.
J'ai emprunté il y a quelques temps déjà un livre, un recueil de nouvelles intitulé Dix petits indiens de Sherman Alexie, d'origine amérindienne. J'ai beaucoup aimé sa première nouvelle, les suivantes beaucoup moins. C'est l'histoire d'une étudiante américaine, d'origine Spokane, qui recherche un livre de poèmes dans une bibliothèque universitaire, et tombe par hasard sur un recueil écrit par un Indien de la même tribu qu'elle, parfaitement inconnu. Elle décide alors de partir à sa recherche. Elle finira par le retrouver et aura certaines révélations, dans une vieille librairie d'occasion. J'ai choisi de vous faire partager ce plaisir de lecture, car l'héroïne est une férue de lecture et une amoureuse des livres. L'extrait est assez intéressant sur le plan de mon projet actuel. Je vous laisse juger...
Situation. Corliss, l'étudiante, est entrée dans la bibliothèque et a trouvé deux recueils de poésie qu'elle veut emprunter. À la banque de prêt, la bibliothécaire est étonnée.
— Eh bien quoi?" s'étonna Corliss.
La femme désigna le recueil d'Atwater (le poète indien):
"Vous êtes la première à prendre ce livre.
— Il est récent?
— Nous l'avons depuis 1972."
Corliss se demanda ce qui arrivait à un livre qui demeurait trente ans sur une étagère de bibliothèque sans être lu. Est-ce qu'un livre qu'on ne lisait pas pouvait mériter le nom de livre? Si un arbre s'abat dans une forêt et qu'il est réduit en pâte à papier dans le but de fabriquer un livre qu'on ne lira jamais, là où il n'y a personne pour le lire, est-ce que cela s'entend?
"Combien de livres ne sortent jamais d'ici? s'enquit Corliss auprès de la bibliothécaire.
— La plupart", répondit celle-ci.
Corliss ne s'était jamais penchée sur le sort des livres de bibliothèque. Elle ne s'était jamais interrogée pour savoir combien n'étaient pas lus.Elle aimait les livres. Alors, comment ne pas se soucier de ceux qu'on n'ouvrait jamais? (...)
"Vous ne parlez pas sérieusement! dit-elle. À première vue, quel serait le pourcentage de livres que les gens ne prennent jamais?
— Soixante pour cent, je dirais. Je ne plaisante pas. Peut-être même soixnate-dix. En étant optimiste. Et ce serait sans doute plus proche de quatre-vingts ou quatre-vingt-dix pour cent. Ce n'est pas une bibliothèque. C'est un orphelinat." (...)
"Combien de livres avez-vous ici? demanda Corliss.
— Deux millions cent mille onze", répondit la femme avec fierté.
Corliss en fut effrayée. Que devient le monde lorsque tant de livres ne sont pas lus? Et que deviennent les auteurs non lus de ces livres non lus?
"Et n'allez pas croire que ce soit propre à cette bibliothèque, reprit la femme. Il y a environ dix-huit millions de volumes à la Bibliothèque du Congrès, et dix-sept millions et demi d'entre eux n'ont jamais été lus.
— Vous me faîtes frémir.
— Je m'en excuse, dit la bibliothécaire. Ceux-là sont à rapporter dans deux semaines."
(in Sherman Alexie, Dix petits indiens, collection "Terres d'Amérique", Albin Michel, 2004, p.20-21)
On dirait que l'Amérique latine est entrée chez moi et ne va pas tarder à s'étendre sur le monde...des livres.
Après la mélancolique Nuala O'Faolain, j'ai hésité entre un livre portugais et un livre colombien pour nouvelle lecture. J'ai finalement opté pour ce dernier, Les Armées d'Evelio Rosero, publié chez Métailié. Jusqu'à présent, de la Colombie, je n'avais qu'une culture nourrie par les média que ce soit le cinéma ou la presse pour lesquels ce pays n'est marqué que par les trafiquants de drogue et les enlèvements perpétrès par les FARC et autres guerrileros. Dans ce livre, il n'y ait jamais question de politique ou de réglement de compte avec les pouvoirs établis de la part de l'auteur. Il s'agit seulement de suivre un vieil homme, qui aime sa femme mais qui se sent encore vivant en fantasmant sur les autres femmes. Il pense que les jours heureux peuvent couler ainsi, aussi sucrés que le jus des oranges de son jardin...mais la guerre civile fait rage. Tout son petit monde, incarné par les personnalités du village, va s'écrouler comme les maisons qui le constitue. Et ce n'est que dans la recherche desespérée de son épouse et de sa raison disparues, que cet homme donne de l'humanité au pays qu'il représente, ravagé par la violence et le laxisme. Un livre dont on sort un peu sonné...Un très beau petit roman.
C'est en refermant ce livre que je me suis demandé: "Mais qu'est-ce que je connais donc à la littérature sud-américaine?" pas grand chose en faîte...Tout a commencé durant l'été 2003. J'ai eu une sacrée révélation, une double claque qui m'a fait tombée amoureuse de ce sous-continent. la première claque fut la lecture de Fictions de Borges. Un vrai choc! La première nouvelle, un vrai casse-tête, a failli me rendre folle de rage en raison du trop grand nombre de mots que je ne comprenais pas. En lisant la suite de ce recueil avec un autre regard, celui de me laisser guider par la musique des mots, je suis tombée sous le charme de Borges. Ah l'Argentine...voilà bien un des rares pays que j'aimerais bien connaître...Buenos Aires...ce nom à lui seul est un poème.
Le deuxième choc fut la lecture de Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez. Ce n'était donc pas ma première lecture d'un auteur colombien et je vois que le prix Nobel de littérature a de dignes héritiers. Je suis sûre désormais de ne pas m'arrêter là. Pour preuve, la prochaine édition du Salon du livre de Paris a pour invité d'honneur le Mexique. Je vous conseille à ce titre vivement la lecture de l'interview du SNE (Syndicat nationale de l'édition), organisateur de la manifestation sur l'excellent site Actuallité, ou en cliquant sur le lien suivant: Une envie d'Amérique latine.
Je profite de cette note pour vous lancer un petit défi sur L'Arbre à livres; quels sont pour vous les trois livres de littérature d'Amérique centrale et du Sud qui vous ont marqués?
(Quand je pourrais, je vous ferai une autre petite note particulière sur le cas "à-part" de Julio Cortazar)
J'ai lu L'histoire de Chicago May, l'été dernier, en poche, dans la collection 10/18. Je n'ai pas trop aimé l'ambiguïté persistante de ce livre, entre roman et biographie non-officielle. néanmoins, j'ai aimé la simplicité et le gravité avec laquelle elle écrit, notamment sur la condition des femmes irlandaises au début du siècle dernier. Un passage que j'ai même lu à ma grand-mère tant il m'a marqué.
Quand j'ai su que son dernier livre sortait en lisant le numéro de Page du mois de septembre, j'ai appris du même coup qu'elle était morte en mai dernier. J'ai été un peu sonnée d'apprendre sa mort. la lecure du synopsis de son dernier roman, imprimé au moment du drame, m'a plu. Je tiens à préciser qu'il n'y avait aucune curiosité morbide dans ma volonté de lire ce livre. Le sujet m'a rappelé des souvenirs de l'irlande, et bien que cela parle des sentiments d'une tranche d'âge dont je suis encore éloignée, j'ai été interpellée tout de suite par les mots de Nuala O'Faolain.
En voici un extrait qui décrit l'automne dans le petit village abandonné où la narratrice, Rosie a élu domicile, avec une chienne errante:
"J'ai arpenté le promontoire avec elle, observant comme un condamné à mort observe le calendrier, la façon dont l'automne colonisait l'été. Il y avait toujours des écheveaux d'églantines dans les haies bordant le chemin, mais les mûres vertes devenaient écarlates avant de virer au noir et le feuillage s'emmêlait et ployait sous son propre poids. A la lisière des bois, les feuilles déjà tombées teintaient de brun l'enchevêtrement des broussailles et des jeunes arbres. Des hampes de crocosmia de couleur vive délimitaient chaque haie et chaque mur - "la fleur de la rentrée" - comme l'appelaient les enfants..."
Si vous voulez découvrir l'oeuvre de cet auteur, vous pouvez lire tous ces écrits parus chez Sabine Wespieser éditeur. Nuala O'Faolain s'est fait une renommée mondiale dès la parution de sa première oeuvre, chroniques d'une irlandaise aux Etats-Unis, On s'est déjà vu quelque part?, que vous pouvez lire tout comme les deux suivants (Chimères et J'y suis presque) en 10/18.
Dédicace à Nuala O'Faoilain: Merci de m'avoir fait réflechir sur la vie, d'écrire de si jolies choses. Cette note te rend hommage et j'espère que d'autres lecteurs te découvriront grâce à moi.
Lors de mes pérégrinations dans les librairies marseillaises, j'ai trouvé quelques livres passionnants, à dévorer, sur la littérature jeunesse. Hélas! je n'ai plus les moyens de me les offrir pour le moment, alors pour l'instant, je vous les présente.
Dans ce qu'Histoire de l'Oeil appelle son coin jeunesse, jouxtant l'espace réservé aux futurs écrivains et amateurs de Moleskine, j'ai trouvé ce livre-catalogue dont j'avais déjà entendu parler de l'exposition. Jusqu'au 11 avril 2009, se tient en effet à la Bibliothèque nationale de France, une exposition intitulée comme le livre: Babar, Harry Potter, Livres d'enfants d'hier et aujourd'hui. Depuis Lire en Fête et jusqu'au printemps prochain, de nombreuses manifestations, ateliers et colloques se tiennent à la BNF ou sur des salons. Pour le plaisir des yeux, rendez-vous sur le site officiel, et partez à la découverte du patrimoine de la littérature enfantine. Vous pourrez feuilleter les pages des plus beaux albums, un vrai régal.
580 pages et 250 illustrations couleur, 48 €, éditions de la BNF
Nouveauté Série Littératures n° 534, 128 pages,12,30 €
Moi qui suis plutôt branchée albums en ce moment, quoique pour l'instant aux seuls ouvrages en carton épais, je suis tombée sur ce très bel ouvrage-essai de Sophie Van der Linden, Lire l'album (édition 2006), publié aux éditions de L'Atelier du Poisson Soluble. Cela signifie-t-il qu'il y en a eu d'autres auparavant et qu'il y en aura d'autres après? En tout cas, c'est la dernière édition.
"Mobilisant des outils ainsi qu'une réflexion théorique rigoureuse,développant un propos clair et accessible appuyé sur de nombreux exemples en images, cet ouvrage s'adresse à tous ceux qui souhaitent mieux comprendre le fonctionnement de l'album et approfondir leur lecture :enseignants, bibliothécaires, médiateurs,étudiants, illustrateurs..." et jeunes mamans passionnés des livres et ceux de la jeunesse en particulier.
168 pages, 34 €, Mai 2006 - Mars 2007, éditions de L'Atelier du Poisson soluble.
C'est fou que je dise cela, moi qui en 2003, lors de ma première participation à un salon jeunesse, le salon d'Aubagne en l'occurence, me désintéressait assez de la chose. De l'eau a coulé sous les ponts...
Et vous ne connaissez pas la meilleure? L'auteur sera là pour parler de son livre au prochain salon du livre jeunesse d'Aubagne qui se tiendra du 13 au 19 novembre prochain. durant les journées professionnelles (le 14 et le 15) où je ne pourrais malheureusement pas assistée, il y aura six ateliers consacrés au Monde de l'album, dont un avec l'auteur de ce livre. Je serai au salon probablement un de ces deux jours-là. à suivre...
J'ai déjà eu l'occasion d'en rencontrer l'auteur et fondateur de la maison d'édition, Rue du Monde, superbe éditeur qui fait des livres magnifiques et qui est très engagé. Ce livre ne déroge pas à la règle, même si je n'aime pas trop le dessin, le propos est plein d'humour...prenant à contre-pied l'état de fait selon lequel les enfants ne liraient plus et leurs parents s'en arracheraient les cheveux.
59 pages, 12 euros, collection "Kouak!", éditions Rue du Monde
Et il faut croire que dans tous les bons livres, il y a un loup dedans...prêt à vous croquer ou à vous faire sourire. Moi je me suis bien fendue la pêche en lisant cet album, même si on se doute bien de la fin (faim?)
Suite à l'invitation de mon amie Annie B., je me plie à ce petit jeu fort sympathique. Voici le réglement en question:
2. Indiquer le règlement du jeu.
3. Choisir un livre et l'ouvrir à la page 123.
4. Recopier à la cinquième ligne les cinq lignes suivantes.
5. Indiquer le titre du livre, le nom de l'auteur, de l'éditeur et l'année d'édition.
6. Taguer quatre personnes et les prévenir sur leurs blogs.
Alors, à la page 123, dans le dernier quart du livre, on peut lire à la cinquième ligne (et suivantes):
"J'avais vu comment la fleur criait, la pierre criait, l'air criait, comment ce cri se levait, entreprenait le tour des choses, et comment cela n'était à vrai dire que des agissements de takas. Avatars, travertissements: j'avais touchée là, incontestablement, à la fin et à l'origine de toute chose."
Le seul hic est que je ne trouve pas la définition du mot "takas" ou même "taka" sur aucun dictionnaire ou encyclopédie en ligne, qui aurait un sens dans cette phrase. La seule définition du "taka" est celle de la devise officielle du Bangladesh. Je mets au défi ceux qui liront cette note de trouver le sens de cette expression...et aussi celle du mot suivant.
Plus grave: il semble que le plus respectable des auteurs algériens ait réussi encore une fois à me mettre sur le banc de touche de mon inculture, car le mot "travertissement" reste aussi dans l'obscurité de mon ignorance.
En tout cas, le jeu en vaut la chandelle et j'invite mes amis: Wil, Tine, En passant par là et Aurelio, à participer. Bonne lecture et au plaisir de vous lire.
Hier donc, je me suis rendue en poussant mes 12 kilos de bonheur à bout de bras dans une des librairies de ma chère ville pour "prendre la température" de cette fameuse rentrée littéraire. Et j'ai rencontré deux fantômes, tout droits sortis de mon passé pas si lointain. Quelques trois années et quelques mois plus tôt, j'avais quitté ma promo avec un méchant goût d'amertume dans le coeur et, depuis lors, je traîne mes basques entre librairies, bibliothèques et toiles d'araignées cybernétiques. Il y a deux ans, j'avais d'abord rencontré le premier spectre A. dans la célèbre librairie G. du Cours C. et j'étais particulièrement étonnée de voir qu'une personne aussi peu expressive et somme toute assez moyenne dans tout ce qu'elle entreprennait parvenait à se faire embaucher, alors que je râmais pitoyablement avec mes livres sur facture! Hier, c'est le gentil fantôme C. sur lequel je suis tombée à peine avais-je mis un pied dans le "sacro-saint des lieux'. Tout sourire, visiblement mûri par l'expérience, il s'est montré tellement heureux de me voir, que pour le coup, c'est vraiment moi qui semblait être une apparition spectrale. J'ai néanmoins repris espoir sur mon possible retour dans le monde des vivants en apprenant de mon cher ami des limbes, qu' après avoir eu "un job alimentaire dans l'alimentaire" (cit.), un retour dans le temple de la bibliophagie était toujours possible et qu'il en était la preuve vivante!
Le soir, je me suis mis à la recherche des premières perles de la rentrée littéraire. Mais, comme d'habitude, sur l'autoroute bouchonnée des romans français, il m'arrive le plus souvent de prendre des routes départementales, voire des chemins de traverse...ce qui m'a conduit jusqu'à un étrange objet vendu non identifiable, que l'on apparente à un livre, mais qui est beaucoup plus que cela et dont personne à part moi (ou presque) ne se soucie...pour le moment.
Sinon, comme à mon habitude, ce qui m'a attirée d'emblée au milieu de cette nouvelle bouffée de papier neuf et d'encre acide, ce sont des petits bijoux d'écriture de passionnés du livre, comme moi mais avec un maousse sens de la recherche et le talent de narrer en plus, des mises en abyme délicieusement ciselées, à lire sans modération.
Le Livre d'Hanna de Géraldine Brooks, qui ne devrait pas déplaire à un certain Mazel. Dans les ruines de Sarajevo, Hanna, une jeune Autralienne, conservatrice de manuscrits anciens, cherche à percer les secrets d'un précieux livre hébreu, une Haggadah (une partie de l'enseignement rabbinique) sauvé des destructions à travers cinq siècles, par des hommes et des femmes de toutes les religions. Vous pourrez aisément comprendre ce qui pourrait me plaire dans un tel livre, non?
Une belle héroïne peut en cacher une autre. Ainsi, après avoir suivi les traces d'Hanna, la téméraire restauratrice bibliophile, vous pourrez prendre entre vos mains La Relieuse du gué d'Anne Delaflotte Mehdevi (éditions Gaïa), alias Mathilde, qui tente de percer les secrets d'un curieux manuscrit dont elle hérite malgré elle. Pour ceux qui aiment la bonne vieille France, avec ses artisans, ses rivières et ses intrigues, ce livre devrait certainement régaler.
Bonnes lectures à tous et faîtes moi part de vos coups de coeur!!!
Oui, le marchand de sel a pris de "longues vacances" ou pour être plus précise, a vaqué à ses occupations. Entre deux feux (de casserole), la petite liseuse a pris de bons livres pour oublier ses soucis et juste avant la rentrée littéraire, officiellement demain, elle a décidé de vous faire faire un petit tour d'horizon de ses lectures, avant de s'attaquer aux nouveautés de l'automne.
En arrivant à Paris, j'ai sauté sur le premier livre que j'ai eu entre les mains et c'était Geisha d'Arthur Golden. J'avais vu le film à sa sortie avec ma meilleure amie, qui avait trouvé le bouquin bien meilleur que son adaptation. Ce qui est souvent l'avis de ceux qui lisent le livre avant de voir le film! J'avoue que je n'ai pas trouvé ce roman inoubliable, mais j'ai été tout de même bluffée de voir comment un éthnologue américain arrive avec tant de perfection à se mettre dans la peau d'une japonaise du milieu du siècle dernier. Le film avait sucité une polémique à l'époque, car les geisha étaient jouées par des actrices chinoises parlant anglais. Mais moi biensûr, fleur bleue que j'étais encore alors, je n'avais d'yeux que pour Ken Watanabe, excellent acteur que j'ai pu voir dans Batman begins, Le dernier Samouraï ou encore La mémoire de nos pères. Eh oui, qu'est-ce-que vous croyez? Le marchand de sel est aussi une cinéphile aguerrie...Mais pour en revenir au livre, je trouve que l'on apprend beaucoup de choses sur le Japon et les traditions de cet époque. Et les passages où la narratrice évoque son enfance sont pleins de poésie et de charme.
